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Voyager autrement

On peut vouloir voyager pour toutes sortes de raisons telles que le dépaysement ou les échanges avec des cultures différentes. Mais depuis une dizaine d’années, de plus en plus de personnes considèrent que ce n’est pas une fin en soi et préfèrent voyager autrement.

Le tourisme peut alors devenir un outil de développement durable pour les territoires visités. A condition qu’une bonne partie des bénéfices générés par l’activité soit redistribuée aux populations locales qui s’investissent dans l’accueil des voyageurs.

Il existe différentes manières de voyager autrement

Mygraal - Voyager autrement © Nimbus - Fotolia

- Par le tourisme responsable, axé sur la connaissance des réalités locales, alternance d’activités culturelles et de rencontres avec les acteurs locaux.

- Par le tourisme équitable, qui, comme le commerce équitable, s’appuie sur la participation des populations locales avec des prises de décisions démocratiques, des modes de productions respectueux de l’environnement et une rémunération des prestations locales à une juste valeur.

- Par le tourisme solidaire, directement associé à des projets de solidarité. Dans ce cas, soit le voyagiste soutient des actions de développement, soit un projet est financé par une partie du coût de voyage.

Source Ritimo , Réseau d’information et de documentation pour le développement durable et la solidarité internationale.

Ainsi les voyagistes alternatifs peuvent mettre en avant l’un ou l’autre-ou même en combiner plusieurs-de ces types de tourisme.

Émergence de nouveaux voyagistes qui nous font voyager autrement

Une prise de conscience écologique

Bien que l’envie de voyager autrement ne soit pas nouvelle, la prise de conscience, plutôt récente, des enjeux écologiques de notre consommation a mis en avant ces organisateurs de voyage à visée équitable, responsable et solidaire.

Dès 1999, l’Organisation mondiale du tourisme crée le Code mondial d’éthique du tourisme qui valorise un tourisme respectueux des équilibres écologiques, économiques et culturels. Mais aucun des membres n’a à rendre de comptes sur son mode de fonctionnement.

Voyagistes alternatifs

C’est pourquoi, des associations organisant des voyages différents fondent l’Ates (Association pour le tourisme équitable et solidaire) basée sur la Charte du tourisme équitable, le guide de conduite des membres de l’association.

En 2009, l’Ates est le premier réseau national des voyagistes de tourisme équitable et solidaire et rassemblent 22 organisations.

Mygraal - Voyagistes alternatifs © Ian O'Hanlon - Fotolia

On peut constater, en visitant les différents sites de ces tour-opérateurs alternatifs, que les destinations proposées sont essentiellement basées en Afrique et en Amérique Latine, plus rarement en Asie.

Des questions peuvent alors se poser en ce qui concerne l’impact des vols aériens nécessaires pour rallier ces pays lointains. Bien sûr, il y a la compensation des émissions de carbone, qui permet de racheter les nuisances induites par le vol en développant des projets écologiques dans le pays visité.
Mais, finalement, peu de voyageurs font ce choix : moins de 0,1 % de ceux qui voyagent en avion dans le monde. (Source : veille info tourisme ).

De plus, la distance même du vol implique un coût financier élevé pour des budgets serrés mais adeptes des voyages.

Aller plus loin dans le tourisme alternatif

Quelques associations se démarquent en proposant des destinations moins lointaines telles que l’Europe Centrale. Ces pays ont également droit à notre considération par rapport à leur développement social et économique. Les ONG locales sont les plus à même de faire découvrir les réalités du pays lors d’un voyage culturel par exemple.

Ces contrées peuvent être, en effet, exotiques et attirantes, par leurs cultures ou leurs paysages ! Pourquoi faut-il toujours voyager loin pour découvrir d’autres cultures, alors que nous ne connaissons pas nos voisins distants de quelques centaines de kilomètres ?

Il faut savoir, par exemple, que l’Albanie, la Serbie et la Bulgarie cumulent, à elles trois, 13 sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco .

En 2009, année qui s’annonce difficile financièrement pour le tourisme, il pourrait être judicieux de développer encore différemment cette envie de voyager autrement.

Mettre en avant ces destinations proches, donc moins gourmande en énergie pour le transport (train ?), serait un bon compromis entre développer un tourisme différent et rester abordable financièrement.

Un citoyen responsable ne doit pas devenir un touriste irresponsable.

Séverine Bastien

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